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Le Palmarès du Festival

Le Jury Grand Prix : Slimane Dazi (acteur), Karim Traïdia (réalisateur),

Claude Bertemès (Directeur de la cinémathèque de la ville de Luxembourg), Abdelkader Djemaï (auteur)

Ce samedi 14 octobre, salle Victor Hugo et en présence du président Slimane Dazi,

a été rendu le palmarès de cette 28e édition… Roulement de tambour !

 

GRAND PRIX (parrainé par la Communauté d'Agglomération du Val de Fensch)

WITHERED GREEN de Mohammed Hammad

Une mention a été décernée à Pluie de sueur de Hakim Bellabbès

 

PRIX DE LA PRESSE (parrainé par la Ville de Fameck)

EN ATTENDANT LES HIRONDELLES de Karim Moussaoui

 

PRIX DU JURY JEUNES (parrainé par le Conseil Départemental de la Moselle) :

A MON AGE JE ME CACHE ENCORE POUR FUMER de Rayhana

 

PRIX DU DOCUMENTAIRE (parrainé par Batigère)

LES FLEURS DU BITUME de Karine Morales et Caroline Péricard

Des mentions ont été décernées à Terrain vague de Latifa Saïd

et 5 Dirhams par tête de Paola Rima Meils et Myriam Laalej

 

PRIX DU PUBLIC (parrainé par le Conseil Régional du Grand Est)

UNE FAMILLE SYRIENNE de Philippe Van Leeuw

 

PRIX DU COURT METRAGE

ON EST BIEN COMME ÇA de Medhi M. Barsaoui.

 

Du 3 au 15 octobre 2018, la 29e édition mettra à l’honneur l'Egypte.

Le rendez-vous est déjà pris !

GRAND PRIX - Withered Green

Après avoir délibéré le dimanche 8 octobre 2017, le Jury du 28e Festival du Film Arabe de Fameck a décerné, à l'unanimité, son Grand Prix à "Whitered Green" du réalisateur égyptien Mohammed Hammad. Le Jury salue l'écriture cinématographique de ce long-métrage subtile, bien rythmé et pour son sens de la sobriété et son refus de l'ostentation et du mélo. Nous avons été interpellé par la modernité esthétique de ce film et par la volonté du cinéaste à se confronter au réel de la société, notamment à ses tabous concernant la situation de la femme. L'héroïne, Imène, incarne la femme courage du cinéma égyptien d'aujourd'hui. L'attention du Jury s'est aussi portée sur le film marocain Pluie de sueur de Hakim Bellabes. Un film qui mérite une mention spéciale. C'est un cinéaste à suivre pour la sincérité de son propos et pour son regard sur la dure réalité du monde rural qu'il traite ici d'une façon organique et sans céder au désespoir. Les dialogues traduits en anglais devraient l'être aussi en français pour donner à ce long-métrage une plus grande distribution.

JURY COURT MÉTRAGE - On est bien comme ça 

Le jury a fait le choix de décerner deux mentions spéciales visant à encourager et à souligner deux démarches d’auteurs, respectivement en documentaire et en fiction :

5 dirhams par tête de Paola Rima Meils et Myriam Laalej. Pour les qualités d'une immersion dans le monde des bergers marocains. Une réalité rude, fixée à l'écran avec rudesse, mais qui fait émerger à partir d’une expérience de vie singulière la précarité de la condition humaine.

Terrain Vague de Latifa Saïd. Pour les choix radicaux de réalisation (choix judicieux du noir et blanc, l'évocation d'un monde onirique). Pour l'épure de la mise en scène qui révèle la personnalité artistique prometteuse de la réalisatrice et pour le jeu poétique et sensible de ses comédiens. Nous avons été touchés par l'évocation délicate du tabou de la frustration sexuelle des travailleurs isolés.

Prix du Court Métrage : Pour ses qualités indéniables d'écriture et la maitrise de sa direction d'acteurs. Pour ses qualités techniques et la cohérence de l'ensemble. Pour la force et la sensibilité d'un lien intergénérationnel, entre adolescence et vieillesse. Pour son questionnement plein d'humour sur la place de la vérité et de la dissimulation dans une famille confrontée à la maladie (ce film est, par ailleurs, un révélateur de la dynamique de la production de court métrage dans le Maghreb, ici en Tunisie, et nous espérons que ça puisse continuer dans ce sens). Nous attribuons donc, le prix du court métrage du festival à On est bien comme ça de Mehdi M. Barsaoui.

Zoom sur…
Les documentaires du Festival

Les fleurs du bitume, primé par le jury documentaire 2017

SEPT DOCUMENTAIRES ont été présentés en compétition pour cette nouvelle édition. Viviane Candas, fille du militant Yves Mathieu, engagé aux côtés des Algériens pour leur indépendance, revient sur son père et cette période douloureuse dans Algérie du possible. Un thème repris dans Le Fils étranger d’Abdallah Badis, autour d’un frère et d’une sœur, l’un né en Algérie, l’autre en France et retournant dans leur pays d’origine qu’ils ont quitté ou jamais connu. Fatima Sissani poursuit dans cette veine avec Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans ou le destin d’une femme française qui décide de combattre avec le FLN. Direction la Tunisie avec Les Fleurs du bitume de Karine Morales et Caroline Péricard, autour d’une slameuse et d’une danseuse, qui luttent pour les droits des femmes. Jawad Rhalib revient quant à lui avec Les Hirondelles de l’amour, sur un autre sujet historique : les enfants marocains nés d’un père venu faire la guerre en France pendant l’été 1945. Un peu de culture pour terminer le festival en douceur, avec Tchekhov à Beyrouth de Carlos Chahine sur un passé revisité au Liban, en pleine création de La Cerisaie de Tchekhov et avec Oum Kalthoum, la voix du Caire de Xavier Villetard, portrait élogieux et sans concession de la plus grande chanteuse du monde arabe.

LA FEMME A L'HONNEUR

DE CETTE 28e EDITION

Le patio, un film du réalisateur Sid Ali Mazif

Qu’elles soient mère de famille faisant le djihad pour retrouver son fils embrigadé (Fleur d’Alep), femmes d’un village prêtes à tout pour sauver leurs enfants (Le Puits), jeune fille prise dans un étau kafkaïen après un viol (La Belle et la meute) ou encore épouses et mères protégées du monde extérieur par les vapeurs d’un hammam (A mon âge, je me cache encore pour fumer), les femmes ont été au cœur du Festival de Fameck cette année. Et ce n’est pas le réalisateur Sid Ali Mazif avec son film Le Patio, autour d’un gynécée espace de liberté, qui dira le contraire. Il est revenu, lors de la présentation de son film, sur la condition féminine en Algérie. RENCONTRE.

 

Le film traite des femmes célibataires algériennes. Pourquoi ce choix ?

Le problème du célibat se pose avec acuité chez nous, en Algérie, puisque cinq millions de femmes sont célibataires (soit 37% de la population) et parmi ces dernières, 14% sont divorcées et 5% veuves. Dans certaines régions, comme la Kabylie, les femmes veuves n'ont même pas le droit de se remarier. Elles resteront célibataires à vie… Il me fallait aborder cette problématique dans un film.

 

Le Patio est un film féministe et porte en lui, une lueur d’espoir… Le reflet de la société actuelle ?

J'avais traité de la violence envers les femmes dans de précédents films, ainsi que de l'historique des luttes féminines depuis la Guerre d'Algérie. Le Code de la Famille en Algérie présente quelques petites avancées, comme le droit à l'héritage pour l’épouse ou encore la polygamie. La première femme a ainsi le droit de donner son accord ou non, pour que son mari puisse se marier avec une seconde épouse. La femme a aussi désormais le droit au logement si elle a des enfants, en cas de divorce. L'homme avait auparavant le droit de répudier son épouse, sans passer devant un tribunal. Et puis, les femmes travaillent (18% de la population féminine), des jeunes filles suivent des études supérieures, surtout pour ne pas retourner dans le giron familial. Mais paradoxalement, la femme qui travaille a moins de chance de se trouver un conjoint. Les mariages d'amour sont rares. Les hommes font encore confiance à leur mère pour leur trouver une épouse.

 

Il y a donc encore bien d’autres luttes à mener ?

Oui, les femmes continuent de le faire pour d'autres combats, comme le droit à l'avortement que j’aborde dans le film. Il y a encore beaucoup de progrès à faire, comme le harcèlement sexuel, qui reste un problème brûlant où les autorités n'interviennent malheureusement pas.

3 QUESTIONS À MALIKA ZAÏRI

Malika Zaïri, réalisatrice de "Mohamed le prénom" et son assistant

Son court-métrage, Mohamed le prénom, a reçu un bel accueil au Festival et remporté un certain écho auprès des jeunes. Rencontre avec la réalisatrice, Malika Zaïri.

 

Pourquoi cette thématique pour ce second court-métrage ?

Suite aux attentats à Paris, j’ai trouvé que beaucoup de gens confondaient sur les réseaux sociaux terrorisme et Islam. Du coup, j’ai souhaité réaliser un court-métrage qui laisserait passer des messages et montrerait tout ce que les musulmans subissent au quotidien. Et je suis partie du prénom Mohamed. Mon frère aîné s'appelle ainsi et pendant toute son enfance, les enfants du quartier chantaient "Mohamed Couscous" et nous étions devenus la Famille Couscous... Toutes les situations de mon film ont été vécues.

 

Connaissez-vous bien le cinéma arabe actuel ?

Le fait de faire des festivals avec mon film me permet de voyager et donc de découvrir des films arabes, méditerranéens. Avant, je n'en avais ni la possibilité, ni le temps. Je ne les voyais que dans des rediffusions en salle ou sur Internet. Voir un film arabe en salle est très important pour moi. J'envisage de tourner un de mes prochains films au Maroc, autour des femmes qui sont mariées, qui ont des relations extraconjugales, tombent enceintes et se retrouvent abandonnées.

 

Pensez-vous que vous aurez la même liberté de ton là-bas qu’ici ?

Oui, tous les sujets y sont traités aujourd'hui. Il n'y a plus trop de censure. On arrive à parler de sujets sociaux tels que l'homosexualité, les différences entre les hommes et les femmes... Le cinéma est le moyen d'aborder des sujets sans aller au front. J'ai vraiment très envie d'y tourner dans les belles lumières naturelles du Maroc, de m'impliquer dans la culture du monde arabe et marocain en particulier. Je me sens tout autant française que marocaine.

Cité sociale de Fameck (administration / animations)
2 rue de touraine - 57290 Fameck / citesociale@wanadoo.fr


Ligue de l’enseignement FOL Moselle (programmation et cinéma)
3 rue Gambetta - 57000 Metz / Tel. +33 (0)3 87 66 10 49 / cineligue57@gmail.com


Rédaction Mélanie Carpentier & Julien Wagner (La Veilleuse)
Conception SG Organisation / Nancy - www.sg-organisation.com

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